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A la poursuite d'André Fabre : Episode -1
Envoyé par LALO le 19/9/2006 11:59:17

Episode -1

«Vous avez des premières chances cette semaine ?  » 
(Période : 1999-2002)

1999-2002 : Période de forte turbulence professionnelle. Au cours de ces quatre années, je change une dizaine de fois d’employeurs. En tant que pigiste, ma collaboration avec le Groupe Hachette s’achève sur un exploit. J’arrive à convaincre mon rédacteur en chef, de passer deux longs sujets présentant les hippodromes parisiens dans…Télé 7 Jours.
Je profite de la rédaction de ces articles pour établir quelques contacts dans le milieu des courses.

Faisant part à Isabelle Coltier (Cheval Français) de mon envie de faire quelques piges dans la presse hippique, celle-ci me propose gentiment d’entrer en relation en son nom avec quelques décideurs de ses amis.
C’est tout aussi gentiment que ceux-ci déclineront mon offre de service.
Il faut dire que mon CV est un peu mince et ma démarche un peu complexe de type « Je souhaiterais devenir journaliste hippique mais je ne suis pas toujours disponible ».
Enfin et surtout, ce n’est pas le plein-emploi dans la presse, et dans celle-ci en particulier.
Les médias généralistes relaient de moins en moins l’information hippique. Des rubriques « sautent » que ce soit sur les ondes ou dans la presse nationale et locale.

Entretien téléphonique avec Bernard Barouch (Agence TIP)
18 Mars 1999, 10 heures

BB – Et puis, vous savez, je viens déjà de récupérer deux jeunes confrères qui ont perdu leur emploi avec la fin d’activité de 3615T….
- Je comprends. Je comprends bien que vous fassiez confiance en priorité à des professionnels qui ont déjà un peu d’expérience et que par ailleurs, vous connaissez. C’est tout à fait normal. J’aimerais ceci-dit vous posez une question.
BB – Oui, je vous écoute
- Comment faire selon vous pour intégrer ce milieu sans relation et sans expérience ?
BB – En frappant à toutes les portes, en proposant de l’inédit, en essayant de deviner les besoins de vos interlocuteurs.


Il est vrai que je me suis très mal préparé à la rencontre de mes « interlocuteurs ».
Ce n’est qu’après ma conversation avec Bernard Barouch que je cherche à savoir en quoi consiste son entreprise et ses activités. Parmi celles-ci, notre homme propose de courtes interviews d’entraîneurs avant chaque quinté. Evidemment, certains ne jouent pas le jeu. Il y a là quelque chose à faire et une piste à exploiter. Mais je n’ai pas le temps, car pour ce genre d’exercice, il faut se constituer un réseau et gagner la confiance de professionnels méfiants, peu diserts lorsqu’il s’agit d’évoquer les chances de leurs partants, et quelquefois partisans du « no comment ».

Ce qui nous ramène à André Fabre, mais pas seulement à André Fabre. D’autres professionnels à l’instar de Fabre ne s’adressent pas ou plus à la presse. Parfois à toute la presse ou une partie d’entre elle, ou simplement à l’un de ses représentants frappé d’excommunication pour une virgule mal placée, un propos déformé ou pire, un commentaire acidulé.
Un silence qui peut être temporaire (souvent) ou définitif (plus rarement).
Jean-Paul Gallorini pendant un moment, a fait partie de cette minorité silencieuse, ce qui va plutôt mal à ce logorhéen assumé.
John Hammond, qui a d’ailleurs fait ses classes chez André Fabre, fait plus ou moins partie de cette confrérie. Un professionnel que Bernard Barouch connaît bien pour avoir un peu ferraillé avec lui.
Plus tard, parmi les trotteurs, Jean-Claude Hallais ou Christophe Gallier seront eux aussi frappés de soudaines extinctions de voix.

1999-2002 : André Fabre ? Petite période de turbulence aussi chez l’entraîneur cantilien.
Sur un strict plan comptable, ses effectifs se sont réduits d’un tiers entre 1997 et 2001. Des problèmes liés à la nouvelle legislation du travail qui entrave les velléités expansionnistes du mentor de Peintre Célèbre. Moins de personnel, moins de chevaux. Moins de chevaux mais aussi moins de chevaux de qualité.

Car l’émergence et la mise sur orbite de l’écurie Godolphin commencent à produire des effets secondaires sur les bilans annuels de l’entraîneur français.
En effet, jadis gros client d’André Fabre, Cheikh Mohammed s’est plus ou moins mis à entraîner pour son propre compte.
Il confie dorénavant ses meilleurs chevaux à Saïd Bin Suroor, mais il semble que ce soit lui en personne, qui élabore le programme de ses champions. Cheikh Mohammed veut donc tout faire à tel point qu’il monterait en course ses champions, s’il le pouvait. C’est d’ailleurs Frankie Dettori, lui même, qui l’affirme.
Conséquence : Il n’y a plus d’Intrepidity, de Carnegie, de Pennekamp, de Swain dans les boxes d’André Fabre.
Ces chevaux, sous la casaque Maktoum (casaque grenat-manches blanches), avaient permis à Fabre au début des années 90 de remporter de nombreux classiques. Leurs successeurs font défaut à présent (le Prix Lupin 1999 de Gracioso sera le dernier groupe I remporté par André Fabre pour cette casaque).
Certes, Cheikh Mohammed poursuit sa collaboration avec l’entraîneur cantilien, mais lorsque l’un de ses chevaux arrive à maturité classique, c’est dorénavant sous la casaque Godolphin qu’il s’impose (c’est notamment le cas de Doyen qu’André Fabre épargnera dans sa troisième année avant que celui-ci change d’entraînement et ne s’impose sous l’entraînement Bin Suroor dans les King George).
Une attitude qui, au moins dans un premier temps, ne fut pas du goût de l’entraîneur cantilien. On sait qu’il fit pression, à sa manière, pour conserver Pennekamp dans ses boxes à 3 ans, alors que Cheikh Mohammed voulait déjà le repeindre « en bleu ». Mais on imagine que face à un tel client, il ne pouvait gagner toutes les batailles et encore moins une guerre de cette nature.
Plus tard, d’autres chevaux comme Slickly ou encore Cherry Mix, entraînés par André Fabre mais propriétés Lagardère, quitteront eux aussi Chantilly une fois acquis par le Cheikh Mohammed.

Les résultats classiques 2001-2002 d’André Fabre subissent donc le double contre-coup des 35 heures et à un degré moindre de l’omnipotence de Cheikh Mohammed. Mais pas seulement car début 2001, les chevaux de l’effectif Wildenstein quittent aussi sa cour pour rejoindre celle d’Elie Lellouche.
L’exercice français 2001-2002 au niveau Groupes I est le plus faible enregistré par André Fabre depuis quinze ans. Ces deux saisons seront en partie sauvées par le « Khaled Abdullah » Banks Hill et le « Lagardère » Vahorimix (vainqueur assez veinard dans le Marois mais vainqueur tout de même).

On commence à lire dans la presse quelques propos ironiques sur le (toujours) tête de liste des entraîneurs français. On parle du déclin irréversible de la maison Fabre mais on n’ose pas encore écrire à ce sujet. Il est encore trop tôt.
André Fabre est toujours égal à lui même. Lorsque l’on croise notre homme sur les hippodromes, il a toujours cette expression impassible sur le visage et semble, au premier abord, indifférent à la courbe déclinante des gains qu’il amasse chaque année avec ses champions et au grenouillage des turfistes professionnels ou amateurs.
A Saint-Cloud je le vois même sourire en écoutant les blagues d’un de ses collègues. Un sourire de Joconde, certes. Mais tout de même.
Fidèle à sa ligne de conduite, il ne parle toujours pas à la presse française et préfère réserver toute son éloquence pour les joueurs. Exemple :

Hippodrome de Longchamp, dimanche 19 septembre 2002, 17 heures 15

Deus joueurs discutent près des balances, quand André Fabre se présente. Le plus jeune se met en travers de la route de l’entraîneur.
Joueur 1 – Monsieur Fabre, Monsieur Fabre ?
André Fabre -…
Joueur 1 – Monsieur Fabre, vous avez des premières chances cette semaine ?
André Fabre (filet de voix) – Oui
Et l’entraîneur, conscient peut-être d’en avoir déjà trop dit, de disparaître en reprenant sa marche, infligeant à son interlocuteur, un cadrage-débordement digne d’un Lagisquet ou d’un Blanco (vitesse en moins).


C’est vers la fin de cette année-là que j’imagine me lancer à l’assaut d’André Fabre et de lui proposer le principe d’un entretien fleuve à faire paraître sur un support non spécialisé.
J’en parle d’ailleurs à l’un de ses anciens collaborateurs qui manque de s’étouffer en m’écoutant.
Mais, fin 2002, j’ai aussi d’autres préoccupations qui vont absorber toute mon énergie pour quelques années. Interviewer André Fabre n’est qu’un projet, pas encore une fixation.


Photos par Sulanami

 

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cadoudal Re: Episode -1
Groupe III
Groupe III

cadoudal

Inscrit le : 12/10/2004
Envois : 481
De : porte St-Cloud


Te lire est toujours un réel plaisir cher Lalo.
Ta place est aux côtés des François-Charles Truffe et Philippe Lorain, voir d'Antoine Blondin. Pour ce dernier, c'est évidemment une image.
Vivement la suite !
19/9/2006 15:00 Profil

jedittout Re: Episode -1
Course A
Course A

jedittout

Inscrit le : 5/9/2005
Envois : 135
De : chantilly


tres bon la continuiter de ta quete du graale , faut que monsieur FABRE puisse te lire sans que personne ne le sache ! en cachette devant sont pc et surtout poster un commentaire avec un psedo bien choisi pour rester inconito ! ou peut etre que un de cet colaborateur va enfin lui parler de cet article ! et là je suis sur que un RDV va etre pris . bonne continuation
19/9/2006 19:16 Profil

LALO Re: Episode -1
Groupe I
Groupe I

LALO

Inscrit le : 4/8/2004
Envois : 1354
De : R.P


:oops:

--
Avec vos sandales, ça ne passera pas :banane:
19/9/2006 20:18 Profil

seraphin Re: Episode -1 ?????????????????????????????
Groupe I
Groupe I

seraphin

Inscrit le : 10/11/2005
Envois : 1248
De : Marseille


quelques petites remarques en passant

1- La numérotation des épisodes laisse à désirer

2- Les photos de Sula sont super chouettes

3- Le silence de Gallorini était la conséquence de sa collaboration
à un journal hippique auquel il pensait devoir (devait?) l'exclusivité.
Son silence prit fin avec son contrat

4- Allez Lalo! On se régale!
19/9/2006 22:28 Profil

LALO Re: Episode -1 ?????????????????????????????
Groupe I
Groupe I

LALO

Inscrit le : 4/8/2004
Envois : 1354
De : R.P


1-C'est un choix (contestable)
mais il est difficile pour l'instant de savoir si la numérotation laisse à désirer

2-C'est un as (incontestable)
Et le meilleur, en ce qui le concerne, est encore à venir

3-C'est une version
Parlons si tu veux d'un silence partiel
Mais de quel silence, parle-t-on, d'ailleurs ?

[ Edité par LALO activé 20/9/2006 20:20 ]

--
Avec vos sandales, ça ne passera pas :banane:
19/9/2006 23:12 Profil

Anonyme Re: Episode -1 ?????????????????????????????








C'est un vrai bonheur de te lire, Lalo. Tu as des qualités rédactionnelles qui font que l'on a envie de poursuivre.

Quant au silence, c'est un moyen de direction, quelque chose qui fait peur, quelque fois du bonheur.
20/9/2006 20:13

royalesurabaya Re: Episode -1 ?????????????????????????????
Groupe I
Groupe I

royalesurabaya

Inscrit le : 12/7/2006
Envois : 1897
De : paris


je te lis avec interet
qq un a parlé d antoine blondin plus haut il me semble
sympathique référence pr lui le "hussard"

ps : pour l anacdote je me souviens, un jour avoir vu mr fabre engueuler soumillon, c etait marrant; tt pres j ai tt entendu

[ Edité par royalesurabaya activé 21/9/2006 0:06 ]
21/9/2006 0:04 Profil

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